Québec et Fredericton se disputent terres et forêts

La question de la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Canada (le Québec), en veilleuse pendant le conflit sur la frontière internationale, revient à l’avant-plan au lendemain du Traité et sera réglée en 1851. Au Madawaska règne une certaine ambivalence. En 1792, soixante chefs de famille — deux tiers de la population de l’époque — demandent au gouverneur Carleton de demeurer avec leurs frères acadiens, sous les lois du Nouveau-Brunswick. Toutefois, le 20 février 1846, Simonet Hébert et 569 autres colons du Madawaska signent une pétition demandant l’annexion à la province de Québec.
 
 

Et si l’Acadie des terres et forêts avait été entièrement en territoire du Québec ?
En 1845, la frontière réclamée par le Canada au nom de la province de Québec suit le prolongement de la ligne franc nord de la frontière internationale, près du Grand Sault, et ce, jusqu’à la Restigouche. De là, le tracé suit ce fleuve jusqu’à la Baie des Chaleurs. Le comté québécois du Témiscouata englobe donc tout l’établissement du Madawaska néobrunswickois au nord du Grand Sault. Les comtés de Rimouski et de Bonaventure se partagent le nord de la Restigouche. Avant 1845, la revendication québécoise s’étendait même jusqu’à Mars Hill, au sud de la Tobique, et incluait le Grand Sault.
 
 
 

Le seigneurie au Québec et le reste du Madawaska au Nouveau-Brunswick
Les propositions de frontières ayant toutes été rejetées, Londres suggère, en 1851, de soumettre la cause à l’arbitrage du Dr Travers Twiss (Nouveau-Brunswick), de Thomas Falconer (Québec) et du juge arbitre, le Dr Stephen Lushington (Londres). L’ancienne seigneurie de Madoueska joue un rôle central dans la décision. Elle va au Québec, avec les lacs qui s’y rattachent (le lac Long). Le Nouveau-Brunswick, lui, reçoit les terres entre la Madawaska et la Saint-François et entre la Kedgwick et la Patapédia. Falconer inscrit sa dissidence, mais la décision de Lushington appuyée de Twiss est adoptée.
 
 

Où se trouvait exactement la seigneurie de Madoueska ?
L’acte de concession de la seigneurie la définit ainsi :
« une étendue de trois lieues de terre le long de chacun des deux bords de la rivière nommée Madoueska, proche de la rivière Saint-Jean, avec le lac appelé Ceumiscouata, et deux lieues de profondeur dans les terres »
La lieue est une ancienne mesure de distance correspondant à une heure de marche, soit environ 4 km. C’est ainsi que sur la route Transcanadienne, la frontière Québec-Nouveau-Brunswick se trouve aujourd’hui à trois lieues, c’est-à-dire une douzaine de kilomètres au sud du lac Témiscouata.
 

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