Graine de république au Madawaska

Janvier 1787. Louis Mercure et 16 autres colons reçoivent du gouvernement du Nouveau-Brunswick un permis d’occupation de terres dans un territoire isolé et presque vierge du Haut-Saint-Jean. Ces Acadiens s’étaient installés là à l’été 1785 dans l’espoir d’y trouver un refuge permanent suivant l’arrivée massive de Loyalistes dans leur village de Sainte-Anne-des-Pays-Bas (Fredericton). En 1794, ce sont 74 familles qui possèdent des titres de propriétés et forment le noyau de la présence acadienne au Madawaska.
 
 
Une colonie établie avant toute permission officielle
Été 1787. George Sproule, arpenteur général du Nouveau-Brunswick, dresse le plan du territoire situé le long du fleuve Saint-Jean, entre le Grand Sault et le fleuve Saint-Laurent. Les objectifs de Sproule ne sont pas clairement connus, mais la question de la frontière entre le Canada (Québec) et le Nouveau-Brunswick fait partie des préoccupations de Fredericton. Sa cartographie du Madawaska et du Témiscouata offre des détails intéressants sur la toponymie amérindienne, les portages et la localisation du village « indien » et des établissements acadiens situés des deux côtés du Saint-Jean.
 
 
 
 
 
En attendant les titres de propriété en bonne et due forme…
Rédigée le 9 janvier 1787 et enregistrée au Bureau de l’arpenteur général du Nouveau-Brunswick le 12 janvier 1787, le permis d’occupation accordée à Louis Mercure et un groupe de 16 Acadiens constitue le premier document officiel concernant l’attribution de terres au Madawaska. Il donne au groupe la permission « d’occuper et de développer » des lots situés sur les deux côtés du fleuve Saint-Jean jusqu'à ce qu’un plan d’arpentage soit préparé et qu’une concession leur soit officiellement accordée, ce qui sera fait en 1790.
 
 
 
 
Les premiers Madawaskayens demandent la création d’un comté
Louis Mercure, Pierre Duperré et Thomas Castin font partie du premier groupe d’Acadiens à s’établir au Madawaska. Dans une requête du 16 juillet 1789 faisant état du développement rapide du nouvel établissement, ils demandent qu’un juge ainsi qu’un capitaine de milice soient nommés le plus rapidement possible. Soulignant l’éloignement de la colonie, ils expliquent la nécessité de créer un Conseil général (un comté) pour la région du Madawaska, ce qui ne sera fait qu’en 1873.
 
 
 
 
Des concessions qui évitent d’empiéter sur le Québec, mais non sur le Maine
La grande concession de 1790 accorde à Joseph Mazerolle et 48 autres colons des lots situés des deux côtés du fleuve Saint-Jean. Il est intéressant de noter sur la carte le commentaire indiquant que le Nouveau-Brunswick n’avait pas de juridiction sur le territoire situé au nord de la terre occupée par Simon Ebere (Hébert), où se trouve aujourd’hui la ville d’Edmundston. L’autre grande concession (de 1994) à Joseph Souci Jr et 23 autres colons était elle aussi à cheval sur le Saint-Jean.
 

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