Ashburton et Webster divisent terres, forêts… et familles

Le 9 août 1842, Daniel Webster, secrétaire d’État américain, et Lord Ashburton, ministre plénipotentiaire de Sa Majesté britannique, apposent leur sceau respectif sur un protocole d’entente qui met fin à la Guerre non sanglante d’Aroostook. Une frontière internationale séparera désormais les familles qui occupaient les terres situées de part et d’autre du fleuve Saint-Jean à l’ouest du Grand Sault. Les principaux intéressés, les habitants du territoire partagé, n’ont jamais été consultés sur leur sort.
 
 
Faut-il dire Traité Ashburton-Webster ou Webster-Ashburton ?
Règle générale, les auteurs canadiens ou britanniques — et notamment Thomas Albert dans l’Histoire du Madawaska — parlent du Traité Ashburton-Webster, tandis que les auteurs américains se réfèrent plutôt au Webster-Ashburton Treaty, chacun privilégiant le signataire de son camp. En réalité, le titre officiel du traité compte 47 mots (voir l’illustration 4-2). Par ailleurs, les bornes marquant la frontière Canada-USA établie en 1842 affichent l’inscription Treaty of Washington.
 
 
Une préoccupation parmi d’autres dans un traité omnibus
Les résidants de l’Acadie des terres et forêts peuvent avoir l’impression que le Traité de Washington visait uniquement à fixer la frontière internationale dans le Haut-Saint-Jean. En réalité, le traité compte 12 articles. En pratique, les articles I et II établissent la frontière canado-américaine de l’Atlantique au Pacifique. Qui plus est, les articles VIII, IX et X prévoient des mesures d’un tout autre ordre, engageant les deux puissances à lutter contre la traite des esclaves africains et à procéder sur demande à l’arrestation et l’extradition des criminels recherchés
 
Le service après-vente offert aux occupants du territoire divisé
L’article IV du Traité impose aux parties d’« appliquer les principes les plus libéraux en traitant avec les colons habitant le territoire qui leur revient respectivement », entre autres en reconnaissant comme valides les concessions de terres déjà accordées de même que toutes les revendications équitables fondées sur la possession de fait et l’amélioration d’un lot pendant six ans ou plus. Les panneaux suivants présentent des cartes et autres documents préparés en conséquence par les commissaires du Nouveau-Brunswick et du Maine qui ont enquêté sur le terrain après la signature du Traité.
 

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